Sites rupestres à vendre

L'île qui compte sans doute la plus grande concentration de sites à gravures rupestres de toute la Mésoamérique est à vendre...



"A vendre, île archéologique et écotouristique, avec deux pyramides, des pierres gravées, dans la lagune de Guija… durant dix mois c'est une presqu'île et pendant deux autres c'est une île." (Annonce parue dans "El Diario de Hoy")

Selon un article d'el Faro du 28 avril 2008, Jorge Antonio, propriétaire (ou du moins, disant l'être) de l'île d'Igualtepec au Salvador, où habite une douzaine de familles, a décidé de la vendre, pour la modique somme de vingt millions de dollars.

Cet endroit, situé à la frontière du Salvador et du Guatemala et connu comme Uxaca grande sur les cartes du XVIe siècle, a été étudié en 1942 par l'archéologue nord-américain Stanley Harding Boggs, qui lui donne le nom d'Igualtepec "La montagne aux images". Ces dernières pourraient appartenir à la phase Guazapa (900 à 1200 AD). Selon Andrea Stone, autre archéologue auteure d'un
rapport sur le patrimoine archéologique de l'île, celle-ci compterait au moins deux cents pierres gravées: zoomorphes, anthropomorphes, divinités probables.

Tomas Fidias Jimenez avait antérieurement réalisé, sur certains de ces pétroglyphes, une étude présentée en 1958 au 33e Congrès International des Américanistes (et
publiée dans les Annales du Musée Guzman (Anales, Museo Nacional "David J. Guzman", San Salvador, t. 9, No. 11-22).

Plusieurs des blocs gravés ont été transportés dans les salles du
Musée David J. Guzman, mais on peut trouver sur l'internet des photos de Diego Chinchilla et Mauro Arias qui donnent une bonne idée des nombreux pétroglyphes qu'il est toujours possible de voir sur place.


Une des gravures rupestres encore en place dans l'île.


De plus, la richesse archéologique de l'île n'est plus à démontrer: plusieurs découvertes remarquables y ont été effectuées par le passé, mais il y a longtemps aussi que les objets archéologiques exhumés dans l'île ou sortis du lac satisfont la cupidité des collectionneurs. Déjà en 1976, Stanley Harding Boggs attirait l'attention sur des statuettes exceptionnelles découvertes sur l'île et dérobées (
"Dos Xipe Totecs del lago de Güija, Annales, Museo Nacional 'David J. Guzman' ", San Salvador, 49: 109-116).


Groupes de meules et molettes réunies par un collectionneur local.

Et pour une petite visite virtuelle de l'ile, voici une vidéo qui permettra de vous faire une meilleure idée avant tout achat éventuel...



Enfin, au cas où vous auriez découvert l'existence de cette île grâce au présent blog, et que de fil en aiguille vous auriez fini par être l'heureux acquéreur des lieux, merci de m'envoyer un petit mot: je vous avouerai qu'un séjour sur place m'intéresserait grandement !



Une autre gravure rupestre visible sur un des rochers de l'île.

JLLQ

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